CNRD. Journée nationale du souvenir de la Déportation Dimanche 24 avril 2016

par Fabrice Angevin

Dimanche 24 avril 4 élèves du collège (Jeanne L. Candice R, Tristan F et Romain S.) ont été associés à la cérémonie marquant à Marly-le-Roi la Journée nationale du souvenir de la Déportation.

Ils ont lu différents textes et ont participé aux dépôts des différentes gerbes au monument aux mort de Marly-le-Roi. Leur présence a été remarquée et appréciée par les participants et particulièrement soulignée par le maire de la commune, M. Perrot, à l’issue de la cérémonie lors du vin d’honneur servi dans la salle de l’Horloge.

Le Message des Déportés a été lu par Candice R.
"En cette journée dédiée au souvenir de la libération des camps nazis de concentration et d’extermination, nos pensées vont d’abord vers les souffrances de celles et ceux qui y sont morts.
Nous voulons aussi rendre hommage aux déportés qui, grâce à la solidarité face à la tyrannie, ont survécu malgré l’horreur de leur situation.
Sans équivalent dans l’Histoire, ces camps de la mort avaient pour principe la supériorité de la « race aryenne » et pour conséquence l’élimination de leurs opposants et l’éradication par des méthodes de mort industrielle de plusieurs millions de femmes, d’hommes et d’enfants.
En 1946, le procès de Nuremberg, fondé en partie sur le témoignage des déportés a permis d’élaborer la notion juridique de crime contre l’humanité, suivie en 1948 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme adoptée par les Nations Unies.
Les déportés pouvaient donc penser que les tragédies qu’ils avaient vécues ne se reproduiraient pas.
En ces temps d’inquiétude et de menace pour l’avenir de l’humanité, il convient de dénoncer toutes les doctrines de haine, de racisme et toutes les violations des libertés fondamentales dont tout être humain doit pouvoir se prévaloir.
Notre hommage d’aujourd’hui n’aurait pas de sens si nous ne prenions pas l’engagement de poursuivre la lutte pour la liberté et la solidarité entre les peuples, conquêtes fragiles qu’il faut défendre sans faiblesse.
C’est l’éducation aux valeurs civilisatrices de paix et d’humanité, l’enseignement de la morale de l’engagement et du devoir civique à l’école qui constituent les plus belles promesses de liberté, d’égalité et de fraternité en France et dans le monde.
"

Tristan F. a lu un poème de Serge Smulevic, ancien déporté à Auschwitz, intitulé "Difficile..." et composé en 1996 :
"Le 16 décembre 1943 à Drancy
950 déportés ont fait leur lit
par terre... sur leurs habits.
Et se sont simplement endormis.
Le lendemain matin,
se tenant tous par la main
marchant en titubant
comme des pantins
ils sont partis vers leur destin.
Une dernière fois,
tout remplis d’effroi
ils ont traversé Paris
et sont arrivés en gare de Bobigny.
On les a alignés et comptés
Dans les wagons à bestiaux, entassés
Le chef de gare a sifflé
Le train s’est mis à rouler.
Ils se sont mis à sangloter.
Trois jours de cris
Trois jours de folie
Trois jours d’agonie
Fin du voyage.
L’éternité pour les uns
Un peu de vie pour les autres.
Ceux-là ne pourront pas finir leur histoire
pour vous dire ce qu’ils avaient encore en mémoire
Difficile de retourner
d’Auschwitz à Drancy
On risque de rencontrer
tous ses amis à Bobigny..."