CNRD Voyage en Pologne (Cracovie-Auschwitz) 4 au 6 décembre 2014

par A. CALLET-RAVAL - F. ANGEVIN

Du jeudi 4 décembre au samedi 6 décembre, les 28 élèves des classes de 304 et 305 qui préparent le Concours National de la Résistance et de la Déportation ont effectué un voyage pédagogique en Pologne. Ce voyage avait pour objectif de rendre concret la complexité du système concentrationnaire nazi ainsi que de prendre connaissance des traces de la présence juive en Pologne. Les 3 journées sur place ont ainsi été consacrées à la visite de la ville de Cracovie et des sites concentrationnaires d’Auschwitz.

Après un atterrissage à l’aéroport de Cracovie en début d’après-midi le jeudi 4 décembre, les élèves ont entrepris une visite de l’ancien quartier juif de la ville, le quartier Kazimierz.
Au début de la Seconde Guerre mondiale l’ancienne capitale de Pologne comptait 58 000 Juifs pour une population totale de 250 000 personnes. A la fin de la guerre, ils n’étaient plus que 3 000.

La visite de la synagogue Remuh a permis aux élèves de prendre connaissance de certaines pratiques de la religion juive et de visiter le cimetière attenant. Cette synagogue date de 1553. Elle sert encore de lieu de prière pour les rares membres de la communauté juive de Cracovie. L’essentiel du cimetière a été saccagé par les troupes nazies pendant la période de l’occupation allemande.

L’extermination des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale combinait l’élimination physique des populations et la destruction des traces de leur culture et de leur existence. Après guerre des recherches archéologiques ont permis de reconstituer les tombes. Une partie des stèles qui avaient servi de pavage ont été apposées sur les murs du cimetière, dénommé depuis « Mur des lamentations de Cracovie » en référence à celui de Jérusalem.

L’après-midi s’est poursuivie avec la visite du Musée Schindler. Ce musée, installé dans l’ancienne usine Schindler (voir le film de Steven Spielberg, La Liste de Schindler de 1993), retrace la vie à Cracovie entre 1939 et 1945 sous l’occupation nazie. Il évoque les difficultés du quotidien pour l’ensemble des populations de la ville et insiste en particulier sur le sort des populations juives.

Le vendredi 5 décembre a été consacré à la visite des sites d’Auschwitz-Birkenau et Auschwitz I. 1 300 000 personnes ont été déportées à Auschwitz pendant la Seconde Guerre mondiale. 1 100 000 personnes y ont été exterminées, la plupart dans les chambres à gaz.

Les élèves ont commencé la visite en se rendant sur la rampe qui fut jusqu’à l’été 1944 le lieu où arrivaient les convois de déportés en provenance de toute l’Europe. Ils ont ensuite effectué à pied le chemin qui mène au camp d’Auschwitz-Birkenau. Le site associe un camp de concentration qui occupe l’essentiel de l’espace et un centre de mise à mort situé dans sa périphérie immédiate. En 1944 la voie de chemin de fer a été prolongée jusqu’à l’intérieur du camp d’Auschwitz-Birkenau.

La sélection, entre ceux qui étaient destinés à l’extermination dans les chambres à gaz et ceux qui allaient rentrer dans le camp de concentration, s’effectuaient à la descente du train. 400 000 personnes ont ainsi été enregistrées à leur entrée et tatouées (Auschwitz est le seul camp de concentration nazi dans lequel les déportés subissaient un tel traitement).

Une partie seulement des baraques en bois ont été conservées. Les élèves ont ainsi pu avoir un aperçu de la vie dans ces baraques : châlis sur trois niveaux, lieux d’aisance collectifs, absence de chauffage… Ils ont pu mesurer l’immensité du camp. A la marge du camp, séparé par une rangée de barbelés se trouve le centre de mise à mort. Il ne reste que des débris des anciennes chambres à gaz et des crématoires : les SS les ont faits sauter avant d’évacuer le site en janvier 1945. Des stèles rappellent aux visiteurs que le site est un immense cimetière où se trouvent les cendres de centaines de milliers de personnes.

La visite s’est poursuivie par la découverte du site d’Auschwitz I, le camp « souche ». C’est dans cette partie du complexe concentrationnaire d’Auschwitz qu’étaient réunis l’essentiel des internés politiques déportés en Pologne. Le site d’Auschwitz I abrite aujourd’hui le musée d’Auschwitz dans lequel les élèves ont pu voir la maquette de la chambre à gaz et du crématoire dont ils n’avaient pu apercevoir que les ruines le matin. Dans le musée se trouve aussi une partie des objets confisqués aux déportés à la descente des convois. Des monceaux de valises, vêtements, ustensiles de cuisines… se trouvent ainsi derrière les vitrines. Les nazis envoyaient en Allemagne ces objets confisqués aux déportés.
Un des « pavillons » abrite une exposition permanente réalisée sous l’autorité du gouvernement français et inaugurée par le Président de la République Jacques Chirac le 27 janvier 2005 (pour le 60ème anniversaire de l’ouverture du camp par les troupes soviétiques de l’Armée Rouge). Cette exposition revient sur la déportation des Juifs depuis la France. 68 des 74 convois partis de France, entre 1942 et 1944, dans le cadre de l’extermination des juifs ont eu pour destination Auschwitz, soit 74 000 personnes. 60% ont été gazés dès leur arrivée. 2 500 Juifs partis de France sont rentrés en 1945. 3 convois de déportés politiques ont également eu pour destination Auschwitz.
Depuis 2005 le site d’Auschwitz a été classé au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO.

La matinée du samedi 6 décembre, avant le retour à Paris, a conduit les élèves dans les vestiges du ghetto de Cracovie dans lequel les nazis ont réuni la population juive de Cracovie et des environs de la ville entre mars 1941 et mars 1943. Il ne reste que quelques vestiges du mur qui entouraient ce quartier. La place d’appel du ghetto est matérialisée par des chaises vides symbolisant l’absence. La Pharmacie Pod Orlem à l’intérieur du ghetto était dirigée par un Polonais catholique, Tadeusz Pankiewicz, qui avait souhaité rester sur place lorsque les nazis avaient contraint la population catholique à partir. La pharmacie a servi de porte ouverte sur le monde extérieur. L’engagement de Tadeusz Pankiewicz, en faveur des Juifs, lui vaudra après la guerre le titre de « Juste parmi les nations », tout comme Oskar Schindler. Le cinéaste Roman Polanski avait 6 ans lorsqu’il a été interné dans ce ghetto avec sa famille.

Les visites se sont achevées sur le site du camp de Płaszów où un mémorial évoque la mémoire du camp aujourd’hui détruit et rend hommage aux personnes qui y furent internées.

La réalisation de ce voyage a bénéficié du soutien financier de la Ville de Marly-le-Roi et du Lions Club de Marly-le-Roi/Louveciennes/Port-Marly. Nous les en remercions.